Frankenstein (ou le Prométhée Moderne) – Mary Shelley

 

Cela faisait déjà un moment que je voulais lire ce livre. Pour tout dire, il attend patiemment dans ma bibliothèque depuis un an (ne croyez pas que je chôme au niveau lecture, j’ai juste un an d’avance de livres à lire, le truc qui obsède).  Je l’avais demandé à Noël car courant Novembre 2011 (le coup de vieux), j’avais eu la chance d’aller voir les deux retransmissions du National Theater de Londres de la pièce éponyme mise en scène par Danny Boyle. Les deux acteurs principaux, Benedict Cumberbatch (Sherlock, le dernier Star Trek, la voix de Smaug dans Le Hobbit…) et Johnny Lee Miller (Trainspotting, Elementary…) ont été vraiment bluffants car chacun jouaient les deux rôles : celui de Victor Frankenstein et celui de la créature. Pas en même temps, bien évidemment mais sur deux représentations, ils inversaient leur rôle. J’avoue ne pas pouvoir choisir quel rôle leur va le mieux à l’un ou l’autre car leur façon de jouer était complètement différentes mais tout aussi poignante et juste. Bref, je ne fais pas ici une critique de cette pièce de théâtre mais bien du livre alors j’y viens.

Ces représentations ont été l’élément déclencheur qui m’a fait acheter le livre et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Tout au long du récit, je me suis revue dans cette salle de cinéma face à ces acteurs étonnants et fascinants. Et ça a été un vrai plaisir que de replonger dans ces souvenirs.

 

Mais alors Frankenstein, c’est quoi l’histoire, la vrai ? Parce-qu’on connait le mythe, on connait ce qui en a été extrapolé, je m’imaginais un savant fou dans son laboratoire, une table chirurgicale, un toit ouvrant pour qu’un éclair puisse y passer et les villageois dehors avec des torches qui veulent tuer cette bête. Bien évidemment, on retrouve ces éléments, mais beaucoup plus sous-entendus que je ne le pensais au départ. Frankenstein est un livre qui s’inscrit dans le mouvement gothique des XVIIIe et XIXe siècles en Grande-Bretagne, c’est-à-dire qu’il a pour but de donner des frissons et la chair de poule aux lecteurs. L’horreur est donc sous-entendue par moment, à d’autres, elle est plus présente et dans ce livre, c’est bien sûr la Créature qui est porteuse de cette horreur gothique. Et pourtant, son humanité est stupéfiante. Et c’est bien ce qui m’a le plus marqué. Pour résumer rapidement et ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, Victor Frankenstein, passionné de science voire d’alchimie, se met en tête de donner la vie à de la matière morte, il crée donc sa Créature, qu’il abandonne à la seconde où il s’aperçoit qu’il a réussi son entreprise, trop effrayé par ce qu’il vient de faire. La Créature se terre et se cache, tente d’apprendre à communiquer par des moyens indirects le langage des hommes (ici le français) et acquiert peu à peu une véritable conscience avec un sens réel du bien et du mal. Rejeté de par son physique par la communauté humaine, il se jure de détruire son créateur qui lui a offert une vie de misères.

Ce que je tiens particulièrement à partager avec vous, c’est mon ressenti par rapport à la Créature. Le livre est écrit de telle sorte que Victor Frankenstein est la malheureuse victime même s’il est conscient d’une part de responsabilité et c’est ce qui m’a vraiment choqué. Comment lui vient-il à l’idée de se victimiser alors que la misère dont il est actuellement victime est entièrement sa faute ? Je veux dire par là qu’il a créé un individu vivant qui a acquis une conscience, un sens moral, une envie de vivre typiquement humaine et qui se fait rejeté par son créateur d’abord puis par tout le genre humain. Pour moi, Frankenstein aurait dû assumer sa responsabilité paternelle envers sa Créature et il n’y aurait pas eu tous les problèmes qui en ont découlé. Cependant, même si mon avis est tranché sur la question, je peux comprendre que l’on puisse avoir un autre ressenti car c’est justement le cœur de ce livre selon moi : la question d’éthique, de morale. Si l’on crée un être doté d’une conscience, d’une capacité à réfléchir, on se doit de lui apporter l’aide et le soutien nécessaire à la vie en société, peu importe son apparence. Au-delà du roman d’horreur, ce livre touche plus profondément à l’acceptation des différences et c’est peut-être à cause de l’actualité que je l’ai ressenti de cette manière mais je pense sincèrement que c’est la principale question que pose ce livre.

Une note sur l’édition que j’avais : Folio SF. Il y a énormément de coquilles, de mots mal imprimés ou manquants dans cette édition donc je ne vous la recommande pas. Cela dit, ce livre fait partie du domaine public à présent et se trouve donc en ebook gratuit (par exemple c’est le cas sur amazon si vous avez une kindle) mais doit facilement être trouvable dans d’autres formats.

J’espère vous avoir rendu curieux pour ceux qui ne l’ont pas lu, et pour ceux qui l’aurait déjà lu, je serais vraiment curieuse d’avoir votre avis sur la question !

Aza.

7 réflexions sur “Frankenstein (ou le Prométhée Moderne) – Mary Shelley

    1. Merci beaucoup !! Cela dit, je suis sûre que la tienne est très bien aussi, d’ailleurs je vais aller la lire, je suis curieuse d’avoir différents avis 🙂

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    1. Je ne l’aurai pas lu en été, cela dit, il est court et vite lu donc il passe tout de même très bien. J’espère qu’il te plaira 🙂

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