Le vieux qui lisait des romans d’amour – Luis Sepùlveda

Je n’ai jamais été tenté par la littérature espagnol (ou de langue espagnole), pourquoi ? Bonne question. Ce n’est pas une culture qui m’attire en priorité et du coup, j’ai fait l’impasse sur son histoire, ses origines, sa culture. J’avoue qu’aujourd’hui, je le ressens comme une grosse lacune mais il n’est pas jamais trop tard pour rattraper ses erreurs. C’est ma mère qui m’a conseillé de lire Le vieux qui lisait des romans d’amour et je me suis dit que vu le nombre de page (121p.), je pouvais bien satisfaire ma curiosité. Et je n’ai pas été déçue.

Le vieux qui lisait des romans d’amour parle d’un vieil homme en plein cœur de l’Amazonie et de la forêt amazonienne qui apprend à vivre avec celle-ci. Territoire sauvage et jamais apprivoisé par l’homme, Luis Sepùlveda nous décrit avec une justesse simple et étonnante que c’est cette forêt qui apprivoise l’homme et non l’inverse. Ce petit roman est riche en rebondissement malgré le fait qu’il soit court et très vite lu, on ne s’ennuie pas et on tombe immédiatement sous le charme de ce vieil homme à la vie passionnante. Du moins, passionnante pour nous autres occidentaux car de façon humble, Sepùlveda nous montre à quel point la vie et la façon de penser est différente. Ce vieil homme est seul et se sent seul, ne se sentant pas proche des colons et rejeté par le peuple de la forêt qu’il considère comme sa famille, les Shuars. Avec lui, on redécouvre le plaisir de lire que l’on avait oublié. A force de lire, cela nous paraît une évidence, est-ce que l’on éprouve du plaisir à respirer ? Et voilà qu’on envisage ces livres différemment, comme un cadeau et un privilège. De même que l’alphabétisation car lui déchiffre ces romans avec lenteur, se répète les phrases, se les approprie, tente de deviner le sens des mots qu’il ne connaît pas. Un vrai bonheur.

Au début des années 90, ce roman a fait sensation et a remporté deux prix très différents et visant des publics différents. Il fait l’unanimité (ou presque) : le grand public aime, les intellectuels aussi. C’est un livre qui rapproche indéniablement car Sepùlveda ramène l’homme à ce qu’il y a de plus simple en lui : son rapport à la nature, son rapport à la civilisation, son goût pour les petits bonheurs. La forêt. C’est un personnage à part entière de ce livre qui nous donne un aperçu des dangers qu’elle recèle. L’homme s’y aventure avec une peur qu’il essaye de vaincre par la force (les chasseurs, les colons) ou par la douceur (via les Shuars et l’apprentissage de ces dangers). C’est plaisant de voir que ces hommes, endurcis par ce style de vie, se retrouvent un instant autour du vieil homme et du roman d’amour qu’il est en train de lire. On sourit. Et puis, on pleure. Car la forêt et les hommes cohabitent difficilement, tous les hommes ne la comprennent pas et la stupidité, la cruauté humaine se réveille. On en voit les conséquences. Malgré tout, c’est de l’espoir qu’offre ce livre, de la fraîcheur, et une sincérité à toute épreuve. Je ne peux que le conseiller à tout le monde, qui que vous soyez, quel que soit votre parcours, ce livre vous touchera forcément.

Aza.

18 réflexions sur “Le vieux qui lisait des romans d’amour – Luis Sepùlveda

    1. Tu es la 2e à me conseiller Allende (ma mère est fan, elle les a tous), j’ai envie de me laisser tenter par Zorro pour la découvrir… 🙂

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  1. J’en ai entendu parler récemment et ta critique donne envie. J’aime bien lire les auteurs hispanophones de temps en temps, Carlos Ruiz Zafon, Arturo Perez Reverte, Gabriel Garcia Marquez…

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    1. Si tu aimes bien de temps en temps, laisses toi tenter parce-qu’il vaut vraiment le détour. J’en ai également un de Ruiz Zafon, je pense que je le lirai sous peu (je ne me souviens plus du titre par contre). Je vais lire de l’hispano de temps en temps aussi maintenant o//

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  2. Un roman qui me ramene au college!!! Je n’en garde pas tellement de souvenirs a vrai dire a part que tous les passages un peu « coquins », le prof se les attribuait lors des lectures a voix haute et que ca nous faisait rire. Cela dit c’est un roman qu’il faudrait que je relise maintenant parce que bon…est-il necessaire de rappeller combien d’annees se sont ecoulees depuis?

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    1. D’autant plus qu’il est très court ! une après-midi au bord de la mer/piscine/rivière suffit (donc 2/3 si on prend le temps de bien savourer)

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    1. Alors j’espère qu’il te plaira également ! En tout cas, personnellement je ne regrette pas du tout ma curiosité sur ce coup là !

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  3. Ça donne bien envie de lire ce livre! Je pourrais tenter en espagnol! 😉 Avec ma petite base, ce serait tout un défi! Mais même en français, il me tente bien, surtout en ce moment où je suis à la recherche d’histoire de ce genre…

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    1. Merci ! Lily et moi essayons de faire de notre mieux pour qu’il soit intéressant 🙂
      Pour le livre, comme tu dis, il change des habitudes, et rien que pour ça, j’ai été ravie de le lire.

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