Deadpool : Oscar 2016 de l’anti-héro

S’il y avait une catégorie « Meilleur personnage anti-héro » à la cérémonie des Oscars, il ne fait aucun doute que le prix serait attribué à Deadpool. Et je vois d’ici le discours un peu mégalo et heurtant les oreilles sensibles que ce dernier aurait prononcé. Malheureusement, cette catégorie n’existe pas, et il faudra nous contenter du film (et des comics) pour retrouver ce personnage plutôt hors du commun pour une société fragile des oreilles (et moi la première).

Oui, je l’admets, je fais partie de ces gens à l’oreille sensible et qui n’apprécie pas forcément les blagues grasses qui se situent souvent en dessous de la ceinture. Mon oreille préfère de loin l’humour traditionnel et molièresque utilisé par Alexandre Astier. Voyez un peu l’écart entre les deux types d’humour (si vous avez eu vent du spectacle Que ma joie demeure d’Astier, vous y êtes en plein dedans). Et là, vous vous dites : ok, alors elle a détesté Deadpool. Et pourtant…. Non. Je n’ai pas détesté ce film, j’ai même passé un agréable moment (même quand Ryan Reynolds n’était pas torse ou cul nu). J’ai même ri ! Moi qui ai les zygomatiques si difficiles ! J’ai ri ! Et de bon cœur !

Tout commence avec le générique de début du film qui met le spectateur déjà bien à l’aise en parodiant les génériques des autres films marvels. Je vous en laisse toute la fraîcheur en ne vous racontant pas tout, mais sachez déjà qu’on ne voit ni le nom du réalisateur, ni celui des acteurs, toutefois on sait par qui le film est fait et ce que l’on va voir dedans. Déjà là, je me suis dit : ok, premier point de marqué. Impossible de leur enlever ça. J’étais donc dans de bonnes dispositions pour la suite du film, même si j’étais prévenue : le pitch était pourrave. Oui, il faut l’admettre, le pitch est pourrave. Mais un pitch pourrave avec un personnage comme Deadpool, ça passe, parce-que ce même Deadpool est conscient que le pitch de son propre film est pourrave. Je vous donne le ton : pour aimer Deadpool, il faut aimer la mise en abîme. Et c’est bien ce que je trouve absolument extraordinaire avec ce personnage car personne ne l’a fait avant à ce point là.

Synopsis (parce-que bon je vais vous donner la base quand même) : Wade Wilson est un mercenaire à l’humour corrosif, un beau jour, quand tout va bien dans sa vie et qu’il a trouvé une dulcinée parfaite, on lui apprend qu’il a diverse tumeurs à un stade avancé qui lui attaquent de multiples organes. Un « man in black » le contacte en lui faisant miroiter un remède à sa maladie qui lui donnerait également de supers pouvoirs. Wade Wilson accepte pour les beaux yeux de sa dulcinée mais se retrouve entre les mains d’un savant fou qui, non content de lui sauver la vie, le torture de manière assez atroce. Wade Wilson se retrouve avec le visage grumelé et va se mettre à rechercher ce méchant savant pour qu’il le rende de nouveau beau et qu’il puisse récupérer sa dulcinée.

Vous l’avez deviné, même le scénario parodie de manière assez voyante les scénarii de super-héros. Wade Wilson, alias Deadpool, ne s’est jamais vu en super-héros et n’a pas l’intention d’en devenir un. Il est mégalo, a un humour gras et lourd, il est cruel et totalement à côté de ses baskets. C’est ce côté tellement décalé avec ce Tabou Zéro qui appréciable et rafraîchissant avec Deadpool. Certes les blagues trop grasses ne sont pas hyper drôles, ce qui est drôle c’est de voir ça sur grand écran et non-censuré. Quel pied-de-nez gigantesque à une société guindée et édulcorée! Un personnage qui envoie des vannes à sa colocataire vieille et aveugle, c’est un peu du jamais vu. Et surtout ce va-et-vient incessant entre fiction et réalité, je trouve ça génial. Embarqué par des X-men au manoir Xavier, Deadpool nous demande qui il va voir : McAvoy ou Stewart quand même. J’adore.

Je crois que vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce film, pour avoir osé le Zéro Tabou sur grand écran et pour cette barrière assez mince entre fiction et réalité pour passer de l’un à l’autre assez souvent. Je ne suis pas une fan des blagues en dessous de la ceinture, mais heureusement, il n’y a pas que ça comme type de blague. Dans tous les cas, ce n’est pas un film à laisser voir par des enfants, parce-que les américains qui font des blagues grasses ne le font jamais à moitié. Par contre, à prendre au deuxième, troisième et quatrième degré, c’est un film à voir pour passer un bon moment. Et surtout, comme tous les marvels, regardez-le bien jusqu’à la fin. Deadpool nous surprend jusqu’au bout ! Il mérite bien ses 4 birdybooks.
Heberger image

4birdybook

15 réflexions sur “Deadpool : Oscar 2016 de l’anti-héro

  1. La preuve qu’il faut savoir garder l’esprit ouvert à tous les styles. En grande fan de l’humour d’Alexandre Astier (que je vais voir demain soir ! Quel bonheur) je suis comme toi, j’ai une tolérance limitée à l’humour gras. Mais le trailer de DeadPool m’a déjà séduite et j’irais le voir, rien que pour le personnage totalement hors des conventions et de l’image du super héros. Merci de cet article en tous cas qui n’a fait que confirmer mes intentions !

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    1. Apparemment on était vraiment dans le même cas toutes les deux, j’espère que le film a eu le même effet sur toi du coup 🙂 (et au fait, Astier, c’était bien ? J’ai tellement envie de retourner le voir ahah)

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      1. Voilà c’est ça, il n’y a pas que ça comme humour et c’est plutôt agréable pour ça! Si tu as passé un bon moment c’est l’essentiel 🙂

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  2. J’ai tellement hâte d’aller le voir mardi soir ! On a convenu d’un rendez-vous, un groupe de 6 qui attendent impatiemment de pouvoir le voir, et j’ai super envie que ça aille plus vite 😀 Vivement mardi ! Et ta chronique n’a pas arrangé les choses ^^

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